03.05.2007
INNOVATION, MANAGEMENT DES PROCESSUS ET CRÉATION DE VALEUR
INNOVATION, MANAGEMENT DES PROCESSUS ET CRÉATION DE VALEUR
Sous la direction de Smaïl Aït-El-Hadj et Olivier Brette
Interview Catherine Fournier-Montgieux, CFM Conseil pour Nextmodernity
D’après vous, comment naissent les idées ? Peut-on parler d'un processus rationnel ?
La créativité est, par nature, une activité complexe et incertaine. Elle l’est d’autant plus qu’elle met en jeu un nombre important d’éléments et de principes en interdépendances, à tel point qu’il devient impossible de prédire le cheminement et a fortiori l’issue du processus de créativité. Cette double contrainte de complexité et d’incertitude exclut généralement la possibilité d’optimiser la génération d’idées, en termes de résultats.
Cependant, affirmer cela n’implique nullement une représentation de la créativité comme un processus entièrement spontané, fortuit, voire irrationnel. La génération d’idées est une activité rationnelle, sinon susceptible de rationalisation, au sens où il est possible de mettre en œuvre des dispositifs organisationnels et techniques permettant de stimuler et d’orienter l’émergence de nouvelles idées. Cela passe généralement par la réunion de différentes compétences internes à l’entreprise, voire issues d’autres organisations (autres entreprises, clients, centres de recherche publics, etc.), sur un thème ou un projet transverse.
La Recherche & Développement, dans les grandes institutions et entreprises notamment, est-elle éloignée de la réalité du marché ?
En général oui.
Dans le cas de la recherche fondamentale cet éloignement n’est pas dommageable puisqu’il s’agit alors de produire des connaissances ouvertes, proches de la science, susceptibles d’alimenter le mouvement technologique ultérieur et qui doivent beaucoup à la dynamique et à la créativité d’une communauté scientifique.
Dans le cas de la recherche appliquée et du développement de produit, leur éloignement relatif du marché est compensé par les relais internes à l’entreprise, directions commerciale, marketing, voire industrielle qui font remonter les informations notamment de l’après vente. C’est la richesse et la qualité de cette relation entre notamment les services de recherche appliquée et de développement et les services opérationnels de l’entreprise qui vont faire la puissance d’une R&D en terme de son apport à la valeur de l’entreprise.
Des méthodes concrètes sont mises en place depuis plusieurs années pour favoriser cet échange permanent de la R&D avec les opérateurs de l’entreprise représentant le marché ou la vie industrielle d’une manière générale : il s’agit de la forme d’organisation qu’on a appelé « l’ingénierie concourante ». Celle-ci consiste à faire travailler ensemble en permanence et en groupe les opérateurs de la R&D avec les autres acteurs de l’entreprise, parties prenantes d’un projet de développement, notamment marketing, commercial, direction industrielle. Cette forme d’organisation est aujourd’hui amplifiée dans son efficacité par les nouvelles technologies notamment de réseau et de génération d’image qui concrétisent l’objet à développer et font de cette ingénierie concourante ce que l’on appelle aujourd’hui « l’ingénierie collaborative ».
Cette nouvelle ingénierie collaborative permet-elle également de faciliter le passage d'une idée à sa mise en œuvre et de dépasser le cloisonnement entre "Recherche" et "Développement" que l’on observe parfois ?
Cet impératif [de décloisonnement] a pesé depuis longtemps sur les entreprises particulièrement dans la nécessité de conserver une continuité et une cohérence de la prise en compte du besoin client, quel que soit le client externe ou interne.
C’est, en fait, la préoccupation de bien cerner le besoin du client et d’en suivre la prise en compte cohérente au niveau des solutions produites qui permet de dépasser ce cloisonnement. Cela a été initialisé par la mise au point de méthodes particulières telles que les méthodes de spécification, d’analyse fonctionnelle ou de la valeur. Ensuite devant l’ampleur de certains projets et de la complexité qui en découle s’est formée une démarche intégrée de développement que l’on appelle « l’ingénierie système ».
Celle-ci va assurer à la fois la cohérence de la chaîne de prise en compte des besoins que l’on va appeler alors les « exigences », et la cohérence de la chaîne des réponses et solutions que l’on va examiner dans ses architectures et que l’on pourra, enfin, valider par rapport aux besoins initiaux exprimés.
Ainsi ce type de démarche assure non seulement une cohérence entre les différents services de l’entreprise partie prenante d’un projet de R&D, mais aussi une cohérence temporelle dans ce que l’on appelle aujourd’hui la « traçabilité » du processus de développement.
Depuis 2004, les pôles de compétitivité concrétisent l’action publique et l’implication de l’Etat dans le domaine de la Recherche ; D'après vous, quelles stimulations les pôles de compétitivité apportent-ils aux partenaires impliqués ?
Le dispositif des pôles de compétitivité, que le Gouvernement français a mis en œuvre à l’automne 2004, a pour objectif principal de promouvoir le développement de partenariats entre des firmes, des établissements d’enseignement supérieur et des unités de recherche, implantées sur un même périmètre géographique (généralement régional) autour de projets innovants. Cette initiative est porteuse, au moins dans ses intentions, d’une nouvelle conception de la politique d’innovation et de recherche.
Les moyens mobilisés par les pouvoirs publics dans le cadre de ce dispositif sont de deux ordres : d’une part, un abondement financier significatif aux projets d’innovation présentés par les pôles ayant été labellisés (au moins 1,5 milliards d’euros sur 3 ans) et d’autre part, une incitation et un appui régionaux à la mise en réseau et aux interactions au sein des pôles.
On peut attendre de ce dispositif un certain nombre d’effets positifs à moyen et long termes, même s’il est encore trop tôt pour en mesurer l’importance. En premier lieu, on peut penser qu’il permettra d’améliorer la valorisation industrielle de la recherche publique, tout en échappant aux inefficiences du modèle strictement marchand fondé sur une relation bilatérale entre une entreprise et un laboratoire de recherche public. En deuxième lieu, la démarche des pôles de compétitivité fournit une incitation au développement de relations collaboratives entre entreprises, fussent-elles par ailleurs concurrentes, dans le cadre de projets d’innovation plus ambitieux que ceux menés isolément. Enfin, le cadre multilatéral que promeut le dispositif des pôles de compétitivité est susceptible d’améliorer l’implication des Petites et Moyennes Entreprises dans la dynamique de la production et des transferts de connaissances qui sous-tend le processus d’innovation.
Les auteurs :
Smaïl AIT-El-Hadj est professeur associé, Directeur de l’Unité Innovation-Conception-Développement (ICOD) du Centre de Recherche Magellan de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de l’Université Jean Moulin Lyon III.
Olivier Brette est enseignant, responsable de recherche au sein de l’Unité ICOD du Centre de recherche Magellan de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de l’Université Jean Moulin Lyon III.
Smaïl AIT-EL-HADJ, Adel ALOUI, Jean-Claude BOEHM, Vincent BOLY, OLIVER BRETTE, Yves CHAPPOZ, Héla CHEBBI, Pierre DEVALAN, François ECOTO, Joëlle FOREST, Jean-Louis JOYEUX, Pierre KRAWTCHENKO, Laure MOREL-GUIMARAES, André-Yves PORTNOFF, Jérôme RIVE, François ROMON, Benoît ROUSSEL, Pierre SOUCHON, Nadine STOELTZLEN
13:45 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Innovation , Intelligence Collective / Km , Intelligence Economique / Veille , Interviews d'auteurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Recherche fondamentale, Recherche appliquée, Pôles de compétitivité
11.12.2006
Ce que intelligence économique veut dire
Damien Bruté de Rémur, Editions d'Organisation, 2006
Quelques mots de l'auteur
Denis Failly - « Afin d’éviter les amalgames et autres idées reçues pourriez - vous nous dire Damien Bruté de Rémur ce que n’est pas l’Intelligence économique d’une part et que recouvre t-elle (centre et périphèrie du domaine) » ?
Damien Bruté de Rémur -
"Ce qu’elle n’est pas est plus facile à dire : ça n’est pas la transposition à l’entreprise, ou à l’économie en général, des activités de « renseignement » (intelligence) telles qu’on les connaît dans les domaines militaire et policier. L’erreur vient en général du fait que nombre de spécialistes de la discipline viennent effectivement de ce cercle et que parmi ceux ci (généralement compétents), nombreux sont ceux qui restent de purs spécialistes du renseignement, voire de la déstabilisation informationnelle. Une récente affaire illustre ceci. C’est pourquoi les questions de déontologie sont primordiales.
Pour dire maintenant ce que recouvre aujourd’hui l’IE, la question est plus délicate puisque la discipline est en émergence et ses contours restent encore à préciser. Au centre nous avons l’idée qu’il faut maintenant porter notre regard, non seulement sur les objets à gérer (technologie, stratégie, finance…) avec l’aide de l’information les concernant ; mais de plus en plus sur l’information elle même comme lieu de la création de valeur. Dès lors on comprend que viennent au centre les activités de collecte (renseignement notamment), et de travail sur l’information elle même : il ne s’agit plus de la stocker en tentant de la rendre disponible en cas de besoin ; mais de la partager, de mettre en lumière les relations (analyse) qui produiront les réponses aux questionnements, ciblés ou non, des décideurs et de l’ensemble des acteurs. Les nouveaux outils technologiques sur l’information rendent possible à faible coût toute une activité qui en fait une véritable énergie pour l’entreprise et la matière première de ses projets. En périphérie, mais essentielles, nous avons bien sur toutes les démarches d’influence et contre influence, de veille et de protection de l’information technologique et stratégique. Reste le concept de patriotisme économique difficile, voire impossible à définir en contexte de mondialisation : exemple : le groupe Total est il français (siège social), européen (plus pertinent compte tenu de la taille du marché…) ou mondial…. ? A l’évidence les trois à la fois ! "
Denis Failly - « Dans un monde multiple, incertain et flou pourriez vous nous dire ce que l’Intelligence économique « peut dire » aux décideurs aujourd’hui, en un mot pour les béotiens, que peut apporter concrètement l’IE »
Damien Bruté de Rémur - "De nombreux exemples, qui fonctionnent bien, d’entreprises ayant mis l’information au centre de leurs préoccupations de management et de gouvernance sont là pour montrer que nous changeons réellement de paradigme dans les sciences sociales, principalement économie et gestion. Ces entreprises voient leurs performances fortement accrues et leurs positions concurrentielles en nette amélioration.
Plus le monde est flou et incertain ; plus il est donc risqué, plus, paradoxalement, il recèle d’opportunités positives : c’est le vieux principe de la médaille et de son revers. Pour limiter les risques, au lieu d’adopter une attitude malthusienne de limitation, il faut au contraire ouvrir davantage : dans la multiplicité des situations, des environnements et au milieu des turbulences, il y a aussi une croissance des opportunités de progrès. Les situations et les évènements sont de plus en plus liés et interdépendants et les enchaînements sont de plus en plus rapides. Pour saisir ces opportunités et « tirer son épingle du jeu » à chaque fois, il faut inventer et mettre en œuvre de nouvelles méthodes et surtout de nouveaux comportements : c’est tout le but de l’Intelligence Economique que de forger ces méthodes et de définir ces comportements. Il s’agit beaucoup moins d’outils rigides que de méthodes qui permettent une adaptation au cas par cas : l’IE est un domaine où n’existe que le « sur mesure ». On dit aussi souvent que c’est davantage une culture qu’une discipline à proprement parler.
Les méthodes créatives et leurs « raccourcis logiques », qui existent et fonctionnent déjà depuis un bon demi siècle, comme les progrès de l’heuristique, ouvrent des perspectives très prometteuses.
Une propriété remarquable des systèmes complexes (entreprises, territoires…) que nous voyons évoluer avec l’œil de l’IE est aussi une capacité certaine à s’auto équilibrer par eux mêmes à travers des mécanismes naturels de compensation. En s’appuyant sur ces potentialités on peut en tirer des principes de management très performants.
Au fond, pour résumer, on peut dire que l’IE va donner une réelle capacité d’adaptation et permettre d’acquérir la « longueur d’avance » qui est nécessaire à l’entreprise pour sa survie et son développement."
Denis Failly - Puisque nous sommes dans les fondamentaux, et la confusion étant souvent faite, rappelez nous brièvement la différence et la logique d’intégration voire de rétro-action entre :Données – Information – Connaissance ?
Damien Bruté de Rémur - "La donnée est le résultat de l’application d’une mesure (via un outil et une échelle) sur un événement, une situation : l’exemple le plus clair est celui du thermomètre : on a un chiffre correspondant à un état de température. En lui même ce chiffre est objectif et neutre. Il faut avoir une échelle de mesure standard et un outil en bon état et performant.
L’information est l’interprétation de cette donnée : il fait chaud ou froid ou tiède. Cette interprétation est le fait d’une personne. Celle ci va apprécier le chiffre en fonction d’elle même (frileuse ou non…) du contexte comme la saison ou la région (15° Celsius en hiver et en France c’est chaud, en été c’est frais, 0° au Groenland c’est chaud, etc. ...) , de l’activité projetée (sortir ou pas) de l’état de santé de la personne etc. Notons au passage que l’information est en général suivie d’une action.
La connaissance est le résultat de l’accumulation dans le temps des expériences apprises ou acquises (processus d’apprentissage individuel ou collectif) qui permet à la personne ou au groupe de se comporter en s’adaptant au contexte et en décidant de manière « éclairée » au fur et à mesure de la lecture des données : c’est un processus continu et cumulatif. La connaissance, combinée aux caractéristiques de la personne ou du groupe, conduit à une évolution constante des capacités de lecture et d’interprétation et, par là, à l’action qui nourrit elle même le processus d’apprentissage : c’est une boucle récursive.
C’est pourquoi, dans ce cycle d’actions (résultant d’une information dans un contexte de connaissance), chaque action produisant à son tour de l’information, les enchaînements sont infinis et infiniment variables (actions, réactions, rétro-actions….), produisant de la variété à l’infini. C’est le domaine de la complexité au sens où chaque état d’un système, chaque événement le concernant provoquant des situations et des contextes nouveaux, la réalité n’est en aucun cas réductible à une expression simple du type « cause à effet ». Il faut donc dépasser les approches positivistes et linéaires. C’est le développement du « post modernisme » avec l’émergence du « holisme » (seule la totalité a du sens). Au fur et à mesure que se construit la connaissance d’une personne ou d’un groupe, dans le mécanisme d’apprentissage, la lecture des données devient de plus en plus riche et par suite l’information et ainsi de suite….
L’art (ou pourrait dire l’intelligence !) du management que j’aime à appeler « management PAR l’information et non plus management DE l’information, consiste, non pas à optimiser (ce serait un retour au paradigme positiviste) mais à rechercher toujours de meilleures conditions au fonctionnement de ce cycle récursif de l’information."
Denis Failly - "Au vu de la dimension multiple, transversale, d’interdépendance des objets auxquels peut s’intéresser l’IE, ne pensez- vous pas que le terme économique est partial et partiel puisqu’il ne reflète pas par exemple les aspects sociaux, sociétaux…du domaine , après tout ce sont les hommes qui font l’IE et non pas des agrégats économiques."
Damien Bruté de Rémur - "Je préfère en effet l’expression « Intelligence Informationnelle ». Robert GUILLAUMOT, le père de l’IE en France (fondateur de l’académie du même nom), homme d’entreprise, avoue facilement lui même qu’il est plus approprié. Les questions économiques étant extrêmement prégnantes et sensibles aujourd’hui, cela explique le succès de l’appellation actuelle. Gardons là mais gardons nous d’une vision étroite !
Je pense aussi que le développement de ces nouvelles approches passe par une remise au centre de l’humain effectivement. L’information prend de la valeur par le partage et la notion de « bien être » peut retrouver du crédit dans un système où la motivation des acteurs individuels, leurs comportements (par exemple sur la question de la sécurité de l’information, devenue primordiale), sont de plus en plus la condition du bon fonctionnement de l’entreprise. Le développement de l’IE doit conduire à un profond bouleversement social et sociétal.
Les travaux et les expérimentations commencent à peine à ce sujet. Si l’IE est une notion à connotation culturelle, cela veut dire que ses progrès dans les organisations vont être lents. Il est aisé de comprendre que, si nous sommes effectivement à un tournant significatif de la pensée en sciences sociales, cela ne peut être que progressif pour éviter les « dérapages » ! Les résistances sont d’ailleurs nombreuses dans un contexte où le conservatisme domine souvent notamment dans les institutions et par les statuts. C’est pourquoi la pensée avance plus rapidement dans les pays anglo-saxons ; mais, une fois de plus, le contexte culturel est essentiel, et nous devons « inventer » peu à peu l’Intelligence Economique « à la française ».
Il est clair de toute façon que la révolution de l’information par les TIC est à son commencement. Nous n’avons qu’à voir comment et à quelle vitesse se répandent les technologies de la communication pour comprendre que toute la société dans son ensemble est concernée. Le travail à distance, les vitesses de connexion, les questions de propriété intellectuelle, les arts et les spectacles, les voyages, le « e-business »…. C’est l’ensemble des relations humaines qui va être touché."
Denis Failly - « Peut –on parler de plusieurs écoles ou disons divers pôles de pensée de l’IE, en effet je suis frappé du caractère disons orthodoxe, voire colbertiste d’une frange des auteurs de l’IE qui, de rapports en ouvrages sont semblent t-ils assez nombreux à être issus du sérail politico-militaro-Etatique, et un pôle disons plus ancré sur le paradigme de la complexité, du constructivisme (Morin, Le Moigne , Watzalavick…) que vous abordez vous-même dans votre ouvrage, bref une typologie de l’IE se dégage t-elle ? »
Damien Bruté de Rémur - "On voit clairement en effet la séparation entre les aspects externes qui concernent le champ de la « guerre de l’information » et les aspects internes, mode de gouvernance ou de management. Les premiers concernent les stratégies concurrentielles et les politiques de compétitivité. Les seconds concernent le champ de l’organisation et de management des hommes.
Pourtant je dois dire que pour moi c’est la même problématique au fond. Les différences résultent probablement des différences de cadrage. La « systémique » nous fait regarder l’entreprise comme un système, c’est à dire comme un ensemble d’éléments réunis par une téléologie, autrement dit orientés vers une finalité. L’analyse modulaire de cet, ou de ces ensembles nous permet de faire varier le cadre du plus petit (échelon individuel à la limite) au plus grand (échelon mondial). Sans nier les spécificités propres à chacun des cadres, la prise en considération de l’information en elle même, au delà de l’objet sur lequel elle porte, rend cohérente et homogène la chaîne complète des systèmes qui s’emboîtent comme dans une poupée russe. Le tracé du cadre fixe le champ auquel on va attribuer la finalité qui donne cohérence à la totalité du système étudié. Les boucles récursives « donnée-information-connaissance » se déclinent à travers toute l’organisation en fonction des cadrages opérés.
Par contre l’étude des aspects particuliers suppose, pour être performante, un cadre restreint et nous voyons effectivement s’opérer des spécialisations relatives dans le domaine. Ce mouvement est classique dans les disciplines émergentes. Si on se souvient du marketing par exemple, auquel personne ne croyait au début (années 60), on voit aujourd’hui cette discipline reine de la gestion éclatée en de multiples facettes toutes aussi passionnantes et autonomes.
Aujourd’hui j’identifie deux « courants » clairs qui sont effectivement ceux que vous dites : externe d’un côté et interne de l’autre. Et tous les auteurs sérieux sont d’accord avec moi la dessus."
Denis Failly - « Comment l’IE intègre t-elle les nouveaux usages d’internet et du Web2.0 qui modifie la donne dans la recherche et la génération de connaissances qui sont par exemple auto produites elles -mêmes par les internautes et diffusées via le net ? »
Damien Bruté de Rémur - "Une des difficultés qui arrive de manière très rapide est celle de la qualification des sources ! Par contre, la croissance exponentielle du volume d’informations disponibles n’est pas un problème à mon avis : il ne faut surtout pas chercher l’exhaustivité et c’est maintenant d’ailleurs impossible … ! C’est la qualité de l’information qui compte, qualité qui s’entend à la fois de sa source et de sa valeur au regard des besoins de l’entreprise. L’essentiel est de « creuser l’ignorance » ! Un chef d’entreprise à qui je disais que ce qui m’intéresse c’est « ce que je ne sais pas » (et non pas ce que je connais déjà…), me rétorquait que lui s’intéresse à ce que « il ne sait pas qu’il l’ignore ». Si vous réfléchissez à cette phrase apparemment de non sens, vous avez le fond du « management PAR l’information » !
Il reste évidemment tous les aspects classiques en IE qui sont notamment les fonctions de veille et de gestion des flux informationnels. Pour cela, encore une fois c’est la source qui est importante et la traçabilité des flux informationnels est un aspect incontournable des progrès en la matière dans les prochaines années. On parle d’ailleurs de plus en plus des perspectives de certification à partir de normes spécifiques à l’IE. On peut aussi facilement parler de l’information comme de l’eau et des propositions de recherche en ce sens sont en cours d’études : sources, réservoirs, traitements, canaux, distribution, usages…. Reste le prix : sans doute la plus grande question théorique qui devrait conduire à revisiter de fond en comble toute la théorie économique.
Les développements des usages du web vont aussi conduire sans doute au développement de l’usage de l’information comme arme stratégique et tactique, en même temps que cela fragilise les entreprises en assurant une plus grande transparence du marché. Les cartes sont donc en cours de redistribution. La « pro-activité » (mieux que la « réactivité » !) des entreprises est essentielle ici ! Les activités de prospective sont aussi en pleine mutation étant donnée la multiplication des scénarii possibles ou plausibles dans le cadre du foisonnement mondial.
Plus se développent les TIC plus l’IE devient à la fois performante et indispensable ! C’est évidemment vrai du web."
Denis Failly - "Damien Bruté de Rémur je vous remercie"
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04.12.2006
Vidéocasts d'auteurs 2/2
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10.11.2006
Vidéocasts d'auteurs 1/2
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06.06.2006
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L'intelligence économique pour prévenir les crises au lieu de les gére
15:15 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Intelligence Economique / Veille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Besson Bernard, Possin Jean claude, Intelligence économique, risque, management, environement
04.06.2006
L'intelligence économique : une nouvelle culture pour un nouveau monde
Puf, 2006
Une synthèse sur les concepts, les outils, les débats du moment
dans le domaine de l'intelligence économique
14:55 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Intelligence Economique / Veille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Delbecque, pautrat, intelligence économique, IE


















