11.01.2007
Pierre Levy - Vision 2007
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1) Le principal événement dans mon activité a été la conception, la réalisation (avec plusieurs intervenants) et la mise en ligne du site www.ieml.org, qui contient notamment une première version, hautement hypertextuelle, du dictionnaire IEML ainsi que la première version d’un éditeur de graphes IEML. Plusieurs publications spécialisées m’ont également permis d’annoncer le projet à la communauté scientifique. 2006 est donc l’année de naissance d’IEML, après une quinzaine d’années de gestation.
2) En 2006, le WWW consortium a, lui aussi, lancé l’idée d’un « Common Web Language » pour résoudre le problème de l’interopér
3) Finalement j’ai eu le plaisir d’assister à la création d’un centre de recherche sur l’intelligence collective au MIT. Bien que je n’aie pas décelé d’idées très originales dans leur site, l’événement est d’importance parce qu’il officialise et légitime à l’échelle internationale un champ de recherche orienté vers l’augmentation des capacité cognitives des groupes humains par un usage judicieux des ordinateurs en réseau. Par ailleurs, je vois avec plaisir se multiplier les propos, groupes de travail (dont celui de la FING), publications, blogs, centres de recherches et programmes d’enseignement consacrés directement ou indirectement à l’intelligence collective. Je rappelle que mon ouvrage « L’intelligence collective » date de 1994, l’année où le Web venait juste de poindre son nez, et que cette expression - tout comme la philosophie sous-jacente - avaient été fortement critiqués à l’époque et dans les années qui ont suivi... Douze ans plus tard, l’intelligence collective commence à devenir une évidence, à la fois conceptuelle et pratique (le web 2.0).
«Comment voyez vous 2007, quelles évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine (métier, expertise, marché...) ? »
Si mon domaine est le développement des connaissances théoriques et pratiques sur l’intelligence collective, les choses bougent à une échelle qui n’est pas celle de l’année mais plutôt celle de la décénnie. La blogosphère, les wikis, le P2P, les jeux collaboratifs multi-joueurs en ligne et autres logiciels sociaux ont donné à des millions de gens un avant-goût de l’intelligence collective dans le cyberespace. Tout cela exploite les possibilités d’Internet (interconnexion entre ordinateurs) et du web (interconnexion entre pages). Il faudra sans doute encore plusieurs années avant que l’on se décide à passer à l’étape suivante, celle d’un adressage des concepts, au-dessus de l’adressage des ordinateurs (TCP-IP) et de l’adressage des pages et des liens (HTTP). En effet, ce n’est qu’à partir d’un adressage mathématique des concepts qu’il deviendra possible d’exploiter pleinement l’unification en cours de la mémoire humaine dans le cyberespace, d’observer de manière mesurable et réflexive les phénomènes d’intelligence collective et de maîtriser la gestion des connaissances.
«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
2007 devrait voir plusieurs développements de l’initiative IEML.
1) Dès le mois d’avril, nous devrions disposer d’un wiki (le wikimetal, pour « wiki du métalangage ») qui permettra à diverses communautés de discuter la traduction de leurs terminologies en IEML. Lorsqu’un consensus aura été atteint sur le wiki, les nouveaux « mots » IEML (c’est-à-dire des adresses conceptuelles interprétées en langues naturelles) seront intégrées au dictionnaire de référence.
2) Une équipe internationale de spécialistes en informatique devrait commencer à programmer un moteur de recherche sémantique capable d’interroger des bases de données indexées en IEML. Il s’agit du labo de communication multimedia de l’Université d’Ottawa sous la direction de Abed El Saddik, du labo d’informatique cognitive de l’UQAM avec la participation de Daniel Memmi, d’une équipe du labo Paragraphe de Paris-8 sous la direction de Imad Saleh, d’une équipe brésilienne autour de la bibliothèque virtuelle en santé sous la direction de Rogerio Da Costa et des spécialistes américains des « Topic Maps » Michel Biezunski et Steve Newcomb.
3) Le moteur de recherche sémantique devrait être testé sur plusieurs bases de données dans les domaines de la santé publique, de l’alimentation, des compétences des adultes en formation et autres.
Bio : Pierre Lévy a consacré sa vie professionnelle à analyser les implications culturelles et cognitives des technologies numériques et à promouvoir leurs meilleurs usages sociaux.
Né en 1956. Maîtrise d'histoire des sciences (Paris, Sorbonne, 1980, dirigée par Michel Serres). Doctorat de sociologie (Paris EHESS 1983, dirigée par Cornélieus Castoriadis).
Chercheur au CREA (École polytechnique, Paris) sur l'histoire de la cybernétique, de l'intelligence artificielle et de la vie artificielle, 1983-1986. Professeur invité à l'Université du Quebec à Montréal, departement de communication, 1987-1989, enseigne l'informatique pour la communication. Professeur en sciences de l'éducation à l' Université de Paris-Nanterre, 1990-1992, enseigne les technologies pour l'éducation. Habilitation à diriger des recherches en sciences de l'information et de la communication (Grenoble 1991). Co-fondateur et chercheur au Neurope Lab. Recherches sur l'économie et la technologie de la connaissance, 1991-1995. Il est membre de la mission officielle sur l'enseignement ouvert et à distance.
11:40 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pierre Levy, vision 2007, IC, Intelligence collective, IEML
Richard Collin - Vision 2007
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2006 est sans doute le point d'inflexion reconnu mais ni encore complétement compris ni précisément évalué du passage d'une économie de la stricte transaction marchande à une économie de la connaissance et de l'immatériel caractérisée par le partage et la co-création de valeur. Y a t il une couleur pour ça ? Disons que pour reprendre la référence aux cigales de Bernard Maris dans son Tome 2 de l'Anti Manuel d'Economie, je dirai le bleu lavande....
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Les enjeux de l'efficacité collective et de la transformation des organisations pour mobiliser, respecter et reconnaître talents et compétences; le défi non pas de l'économie numérique mais celui de mettre du nu
mérique dans l'économie; les évolutions en cours pour inventer des modéles d'affaires et des nouvelles évaluations de la création de valeur dans une économie de l'innovation et en réseau. Autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses pertinentes et immédiates. Ceci exige d'incarner son expertise et ses connaissance autant qu'inventer de nouveaux métiers. Pour une demande qui se développe considérablement.
« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
Je répéte à l'envie que l'économie de la connaissance, de l'innovation et la société en réseau qui se construit c'est d'abord la société de la confiance, de la transparence, de la reconnaissance et du discernement. Dans une perspective mondiale, c'est un espoir; à la lumiére de nos querelles gauloises c'est une crainte...mais comme toujours au pessimisme de l'intelligence opposons l'optimisme de la volonté....
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Pour accompagner et participer à la peu évidente mise en place de la convergence entre les interets collectifs et individuels, 2007 est pour moi l'occasion de travailler sur quatre projets:
- de la recherche-action dans le cadre de ma chaire "Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations Innovantes" et de son Institut pour l'économie de la connaissance et de l'immatériel au sein de Grenoble Ecole de Management. Avec en tête la réflexion sur les "dispositifs" de création de valeur et la mesure de cette valeur
- de l'accompagnement stratégique et opérationnel des entreprises et institutions dans le cadre de l'activité de conseil d'ICCE qui est appelé à se développer et évoluer
- de la publication avec notamment le Tome 2 "Manager autrement" du Petit Précis d'Efficacité Collective à paraître en Aout 2007
- de la formation-action avec le lancement et la mise en place de l'Académie de l'Efficacité collective et du travail collaboratif avec Demos
Bio: Richard Collin est Fondateur et dirigeant de ICCE (Intelligence Collective, Coopération et Efficacité - International Centre for Collective Efficiency www.icce-link.com), Vice Président de l'Association Française des utilisateurs du Net et du e-business (AFNeT, www.afnet.fr), Fondateur et animateur des Rencontres Innovation, Compétitivité et Connaissances (www.rencontres-icc.com), Visiting Professor à Grenoble Ecole de Management (www.grenoble-em.com ) titulaire de la Chaire "Efficacité collective, Travail collaboratif et en réseau, Organisations innovantes" et responsable de EIKE 'European Institute for the Knowledge Economy", Richard COLLIN, pionnier et praticien du travail collaboratif et des organisations en réseau, est un expert et consultant international reconnu qui accompagne, conseille, coache et forme les entreprises, les institutions, les territoires et les hommes dans leur évolution et leur transformation compétitive vers la société en réseau et l'économie de la connaissance.
Richerd Collin à également piloter la réalisation du "Petit précis d'efficacité collective"
11:35 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Richard Collin, vision 2007, IC intelligence collective, travail collaboratif
Olivier Zara - Vision 2007
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De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
J'ai observé en 2006 des évolutions intéressantes dans mon domaine à travers mes activités de consultant et d'éditeur de logiciels web 2.0. Mes clients et prospects comprennent mieux les enjeux ac
tuels de l'économie du savoir parce que le nombre d'experts qui s'expriment sur le sujet est plus grand qu'avant et surtout parce qu'il y a une certaine convergence dans les discours. La théorie du Centième Singe est peut-être en train de se réaliser ! (Voir l'article sur mon blog)
A travers les communautés virtuelles que j'anime, j'ai aussi remarqué que les participants s'approprient plus facilement qu'avant les technologies nécessaires pour manager l'intelligence collective. La quantité des questions envoyées au support technique de ma société diminue chaque année. Les questions sont plus pointues, les gens veulent aller plus loin dans la compréhension des outils. Il y a un début de maturité en terme de participation. Par contre, la capacité à animer des discussions virtuelles restent une épreuve pour beaucoup. Les directions ne comprennent pas encore les défis autour de l'animation de communautés virtuelles. Manager une équipe en face à face et à distance par le biais de logiciels nécessitent des compétences différentes et donc une formation spécifique.
J'observe également que les freins culturels restent très fort. Il est toujours très difficile d'aborder la question de la culture. Les directions martèlent encore que leurs employés coopèrent et que leur souhait est simplement d'être plus performant par le biais d'un logiciel, d'une formation et de méthodes. Pourtant, dès qu'on descend dans la hiérarchie, les exemples de non coopération émergent, les témoignages se multiplient dans les interviews. L'entreprise continue à vivre le rêve du "Tout le monde coopère chez nous" tandis que la réalité est souvent "Chacun pour soi".
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Je vous propose maintenant quelques raisons d'être optimiste pour 2007 :
- L'intelligence collective entre dans le discours politique. Dans mon billet "Marketing politique et Intelligence collective", je cite 3 discours de dirigeants politiques : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Christian Blanc. Pour savoir s’il s’agit de marketing politique ou de convictions profondes, il faudra malheureusement attendre quelques années après l’élection pour juger sur des faits. Mais marketing ou pas, on peut saluer l’effort et faire la longue liste de tous les politiciens qui n’ont jamais évoqué l’intelligence collective dans leur discours.
Les modes de gouvernance au niveau politique et au niveau économique sont culturellement liés. Si l’un bouge, il y a des chances que l’autre soit aussi obligé de bouger. - La croissance du nombre de publications sur le thème de l'intelligence collective est incroyable. Il s'agit de livres, d'articles de presse et bien sûr de billets dans les blogs. A ce titre, je tiens à souligner la contribution de MM2 Editions qui innove beaucoup sur le sujet aussi bien dans sa ligne éditoriale que par la création d'espaces interactifs communautaires autour de chaque livre. Malo Girod de l'Ain, fondateur de cette maison d'édition, apporte ainsi une contribution positive pour aider la société à comprendre les émergences culturelles et technologiques qui sont pour l'instant invisibles du plus grand nombre.
- La blogosphère qui porte les valeurs de l'intelligence collective est en pleine expansion. Mais il faut quand même distinguer 2 blogosphères :
1. La blogosphère des journaux intimes où l’on raconte sa vie. Pas besoin d’être un expert pour raconter mavie.com, ni de savoir écrire. Exhibitionnisme ou ego-trip si on veut la critiquer. Besoin de partage, d’appartenance, de reconnaissance si on veut la positiver et montrer l’utilité sociale.
2. La blogosphère des experts, leaders d’opinion, journalistes, des “professionnels amateurs” (voir Wikipedia pour ce concept), des cybercitoyens et cyberpoliticiens, qui produisent des contenus et réfléchissent ensemble sur divers sujets. L’ego-trip n’est pas forcément absent mais il y a une dynamique collective plus marquée. Cette blogosphère contribue au développement de l’intelligence collective car il s’agit d’un espace à part entière de partage des connaissances et d’échanges à travers les commentaires fait sur les billets. - Le développement du nombre de centres de recherche sur l'intelligence collective commence. “The MIT Center for Collective Intelligence” a été lancé le 13 octobre 2006 au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Voici la présentation du centre (http://cci.mit.edu/index.html) : "While people have talked about collective intelligence for decades, new communication technologies—especially the Internet—now allow huge numbers of people all over the planet to work together in new ways. The recent successes of systems like Google and Wikipedia suggest that the time is now ripe for many more such systems, and the goal of the MIT Center for Collective Intelligence is to understand how to take advantage of these possibilities.
Our basic research question is: How can people and computers be connected so that—collectively—they act more intelligently than any individuals, groups, or computers have ever done before?
With its combination of expertise in computer science, brain sciences, and management, MIT is uniquely suited to address this question. We hope this work will lead to new scientific understanding in a variety of disciplines and practical advances in many areas of business and society."
Le lancement de ce centre par une des plus prestigieuses universités américaines est une très bonne nouvelle pour les ambassadeurs de l’intelligence collective. Bien que leur approche, leur discours, l’origine des contributeurs soient très universitaire, cela va ouvrir de nouvelles perspectives pour le management de l’intelligence collective dans les entreprises. A ce jour, il n’existait que la Chaire de recherche du Canada sur l’intelligence collective à l’université d’Ottawa. Nous avons maintenant 2 centres de recherche importants en Amérique du Nord qui deviendra donc probablement bientôt leader dans ce domaine.
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
En guise de conclusion, j'invite les lecteurs de NextModernity à venir apporter leurs contributions sur le management de l'intelligence sur mon blog : http://blog.axiopole.info/ et sur le portail management 2.0. J'ai commencé la rédaction de mon prochain livre à paraître fin 2007. Il s'agit d'une suite de mon livre sur le management de l'intelligence collective. Ce tome 2 sera un guide pratique qui proposera de nouveaux outils pour manager les connaissances et l'intelligence collective. Le blog et le portail rassemblent une communauté informelle qui contribue à la rédaction de ce livre comme elle l'a fait avec le précédent en 2003 et 2004 !
Bio : Olivier Zara est président et fondateur d'Axiopole, réseau spécialisé dans les solutions web 2.0 au service des communautés de pratique et des équipes. Il est l'auteur du livre "Le Management de l'Intelligence Collective"
11:20 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Olivier Zara, Vision 2007, IC, Intelligence collective
Gilles Balmisse - Vision 2007
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2006 fut une bonne année pour le knowledge management en général. Les thèmes dominants concernant notre activité de conseil
ont été principalement la recherche d’information en entreprise et la collaboration. L’intérêt des entreprises pour l’amélioration ou la mise en place d’une nouvelle solution de recherche d’information est en partie lié à la maturité des technologies et au dynamisme des fournisseurs de technologies. En effet, sur ce marché aussi porteur que concurrentiel, une nouvelle génération est en train de voir le jour. Moins chères, plus ergonomiques, plus flexibles et bien moins intrusives que l’ancienne génération, ces nouvelles solutions possèdent de nombreux atouts susceptibles de séduire des entreprises qui ne souhaitent pas investir dans des chantiers trop importants d’intégration.En ce qui concerne la collaboration, les principales demandes étaient orientées sur la mise en œuvre de communautés de pratique, intra et inter entreprise, et sur leur outillage. Sur ce dernier point, il est à noter que les blogs font bien souvent partie des demandes « standards » pour faciliter l’animation et la communication au sein des communautés !
« Comment voyez vous 2007, quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
De plus en plus d’entreprises s’intéressent sérieusement aux blogs, aux wikis, aux réseaux sociaux, aux folksonomies… Beaucoup sont encore au stade de la réflexion mais des expérimentations à plus ou moins grande échelle commencent à voir le jour. Les entreprises comprennent qu’un mouvement est en marche sur Internet et qu’il aura forcément un impact sur leur activité, mais lequel ?
2007 devrait être marqué par un nombre croissant de projets sur l’utilisation des outils de social computing et du web 2.0 en entreprise.
« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
A l’heure actuelle la principale difficulté pour les projets de mise en place d’outils de social computing est de trouver des applications et des usages véritablement pertinents et porteurs de valeur pour les entreprises. Etant donné les expérimentations en cours, l’année 2007 sera sans doute marquée par une communication plus importante des « pionniers » sur leurs retours d’expériences. Suite aux divers succès ou échecs, de véritables usages pertinents en entreprise devraient voir le jour et se diffuser.
Par contre, continuera-t-on à parler des technologies de social computing avant de parler de leurs usages ? Je crains que oui… Pourtant un collaborateur n’a que faire de savoir s’il utilise un wiki, un blog ou un autre outil. Ce qui l’intéresse, c’est pouvoir réaliser ses activités plus vite, plus facilement, avec une meilleure reconnaissance… peu importe l’outil utilisé !
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
En ce qui me concerne, 2007 va être riche de nouvelles activités en plus de KnowledgeConsult et du conseil.
Tout d’abord, Ali Ouni et moi-même allons lancer en début d’année un nouveau site web dédié à l’utilisation des outils de social computing et du web 2.0 en entreprise. Ce site sera alimenté par les retours d’expériences et les informations que nous avons obtenus, et que nous glanerons, au cours de l’écriture de notre prochain ouvrage sur ce sujet passionnant.
Je suis également en train de préparer avec l’aide d’un partenaire technique un annuaire des entreprises, des produits et des ressources sur le marché de la gestion de l’information et des connaissances. Cet annuaire sera disponible sur ITSpotter.com et il devrait être lancé au cours du second semestre 2007. Pour l’heure, nous testons la plateforme technologique et nous enrichissons nos données.
Enfin, j’ai récemment rejoint une jeune société qui développe un service innovant sur Internet d’accès à l’information professionnelle… Rendez-vous au second semestre 2007 !
Bio : Fondateur et Directeur associé de Knowledge Consult, un cabinet de conseil spécialisé dans la mise en oeuvre du knowledge management et de la veille, Gilles BALMISSE est également à l’origine de ITSpotter, un service dédié au marché des solutions de gestion de l’information et des connaissances.
Il intervient régulièrement dans des conférences et séminaires. Il est également chargé d’enseignements sur les outils du KM dans de nombreux établissements. Gilles Balmisse est l'auteur du guide des outils du Knowledge Management
11:10 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gilles Balmisse, vision 2007, Knowledge Management
Thierry Crouzet - Vision 2007
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"De quelle couleur fut 2006 dans votre domaine de compétences ?»
Je ne sais pas trop quel est mon domaine ; peut-être la politique à l’âge d’internet. Je me suis dit que nous avions enfin les moyens de changer le monde parce que j’ai vu de plus en plus de gens se rejoindre et avancer dans la même direction. J’ai ressenti presque viscéralement qu’une lame de fond était en train de nous emporter. Nous vivons une époque de bouleversements sans précédents, c’est excitant, ça nous donne aussi de sacrés responsabilités.
«Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ?»
J
’espère que le cinquième pouvoir va affirmer sa présence, que les politiciens vont arrêter de jouer aux chefaillons et vont prendre en considération les citoyens. Depuis 2002, chaque année, internet pèse dans une élection quelque part dans le monde. En 2007, ce sera peut-être en France lors de la présidentielle. D’un autre côté, je crains que des graines de dictateurs ne cherchent à mettre le cinquième pouvoir sous l’éteignoir et nous attirent vers des régimes durs qui seraient néfastes alors que nous vivons une phase d’innovation tout azimut. Nous avons besoin de liberté, pas seulement de la liberté d’entreprendre, de la liberté avec un grand L.
«Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ? »
J’ai envie de me remettre à mon roman Croisade qui raconte la lutte entre les hommes libres et les conservateurs autoritaristes, entre le cinquième pouvoir et le pouvoir dur. J’espère ainsi réussir à vulgariser certaines idées, notamment l’auto-organisation, dont beaucoup de gens ont du mal à croire qu’elles peuvent être de vraies solutions politiques.
Bio : Ingénieur de formation, journaliste, ancien rédacteur en chef et fondateur des magazines PC Direct et PC Expert, Thierry Crouzet à publié d'autres ouvrages chez MicrosoftPress puis chez First. Il est également éditeur de bonWeb.com, version électronique de son "Guide des meilleurs sites Web".
Thierry Crouzet est également l'auteur du "Peuple des connecteurs"
11:05 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Thierry Crouzet, Vision 2007, Connecteur
Bernard Girard - Vision 2007
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« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
2006 aura été, pour moi, l’année de l’écriture (et de la publication) d’un livre sur le management chez Google (http://www.mm2editions.com/ fr/google.shtml)qui m’a permis de faire le point sur des méthodes qui seront appelées à se développer dans les années qui viennent dans des entreprises de tous métiers et de toutes tailles.
L’accueil que ce livre a reçu auprès de ses premiers lecteurs, les réactions lors des conférences et colloques auxquels j’ai participé montrent que ces méthodes répondent, au delà de leur efficacité avérée, à une attente des salariés, surtout des plus jeunes et des plus diplômés.
Non seulement les dirigeants de Google (et ceux des quelques entreprises qui ont développé des méthodes comparables) ont su trouver des solutions pour résoudre ses problèmes mais ils ont su inventer un modèle qui fait rêver et donne envie de travailler. Il y a sans doute dans tout cela une part d’illusion, la vie chez Google n’est pas forcément moins stressante qu’ailleurs, les contraintes professionnelles n’y sont pas plus faibles, mais ses dirigeants ont su créer un pacte avec leurs collaborateurs qui repose sur le respect, la reconnaissance et l’intérêt dans le travail, toutes valeurs que les générations qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail demandent avec une force toute particulière.
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine (métier, expertise, marché…) ? »
2007 confirmera la puissance de ce modèle. On la saisira d’autant mieux que les entreprises concurrentes qui se sont construites sur des modèles plus classiques, comme Yahoo! sont confrontées à des difficultés. Ce modèle a tant évolué ces dernières années, qu’on ne peut exclure de nouvelles évolutions, je pense notamment à la politique de développement des produits, à ce que j’ai appelé le couteau suisse. Mais ces innovations seront sans doute marginales au regard de ce qui déjà été réalisé.
« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l'année qui vient ? »
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
... blog que je vais continuer d’animer pendant tout 2007 pour mieux suivre des évolutions qui, je l’ai dit à plusieurs reprises, me paraissent aussi importantes que celles qu’ont initiées en leur temps Ford ou Toyota
Bio ; Bernard Girard est Consultant en Mangement et l'auteur du livre "Une révolution du Management : le modèle Google"
10:55 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Girard, vision 2007
Alban Martin - Vision 2007
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« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ? »
L'année 2006 fut, pour la musique en ligne, une année assez chahutée par le contexte législatif, notamment dans le premier semestre 2006. Par contre, certaines initiatives sont venues colorer le second semestre, telles que les projets de distribution de musique gratuite avec l'alliance Universal-Spiralfrog ou de clips vidéos sur Youtube. Donc je dirais que l'année a été Jaune, par oppo
sition à Orange ou Rouge.
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Pour 2007, j'anticipe l'envol de Myspace avec la vente de musique sur ce site comptant 140 millions d'inscrits et près de 3 millions de groupes. J'anticipe également quelques annonces fortes autour de l'alliance google et youtube, notamment dans le domaine des clips vidéos et de la monétisation de l'audience. Enfin j'imagine un rapprochement encore plus poussé entre les éditeurs de logiciels (apple, microsoft, roxio, real etc...) et les majors musicales: alliances? partenariats? prise de capital croisé? rachat?
« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l'année qui vient ? »
Mon espoir serait de voir éclore de véritable maison de musiques, plutôt que des maisons de disques. Je pense qu'on en prend le chemin, il suffirait d'accélerer le mouvement. La transformation de la filière musicale en co-créateur d'expériences musicales uniques est la révolution attendue pour 2007. Ma crainte serait de voir se tournant encore repoussé, et entravé par des questions juridiques.
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mes projets à long terme vont se concentrer sur l'écriture, d'un troisième livre, sur la manière dont les nouvelles technologies peuvent être un allié viable et puissant pour les règles démocratiques...mais chut, c'est un secret, et ce n'est pas avant 2010...
Bio : Alban Martin est diplômé d'HEC et à effectué un séjour aux USA à l’Université du Michigan (deuxième année de MBA) qui lui a permis de rapporter quelques idées innovantes de modèle économique participatif.
A l'issue de ses études il rédige un mémoire consacré aux nouveaux modèles de co-création de valeur intitulé "Internet and the New Technologies : Threat or Opportunity for the Entertainment Industry?" qui lui vaudra le prix de la fondation HEC en 2004.
Ce mémoire donnera lieu à publication chez Publibook sous le titre « The Entertainment Industry is Cracked, Here is the Patch ! ».
Plus récemment Alban Martin est l'auteur de "L'Age de peer, quand le choix du gratuit rapporte gros"
10:50 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alban Martin, vision 2007, ptop, peer to peer, p2p
Marc Halevy - Vision 2007
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« De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ?
Arc-en-ciel … Année très contrastée. Plutôt satisfaisante du point de vue des activités, plutôt inquiétante quant aux évolutions socioéconomiques tant en Europe qu'ailleurs.
2006 s'est complu à me donner malheureusement raison quant à mes prévisions les moins optimistes (cfr. mes ouvrages "L'entreprise réinventée" de 2003 et "L'âge de la connaissance" de 2005).
« Comment voyez vous 2007 , quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Mon métier é
tant la prospective, je ne m'attends pas à des évolutions majeures : les institutions et les grandes entreprises demeureront totalement sourdes aux SOS que lancent les prospectivistes. Elles continueront à cautionner le scénario catastrophe et à sacrifier au moins une génération. La politique de l'autruche restera la stratégie dominante. Le "panem et circenses" restera la préoccupation majeure des masses.
« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
L'année 2007 devrait être la première d'une décennie calamiteuse auprès de laquelle la "grande crise de 1929" paraîtra banale. L'occident sort de son déclin lent pour entrer dans sa rupture radicale. Le modèle socioéconomique moderne (humanisme, capitalisme, mercantilisme, démocratisme, rationalisme, scientisme, progressisme) est arrivé à son terme et s'effondre.
La bulle spéculative américaine sur l'immobilier va bientôt éclater avec pour conséquence une dévaluation de 30% du dollar et la banqueroute d'une bonnes parts des ménages américains. La Chine cessera de financer la dette américaine. L'Europe sera incapable de sortir de ses fantasmes socio-démocrates. Les pénuries fondamentales (talents et compétences, eau, espace, biodiversité et noodiversités, pétrole bon marché, etc …) s'accéléreront.
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Mon projet pour 2007 est de consacrer l'été à écrire une suite à mon "Âge de la connaissance". Elle s'intitulera probablement : "Croissance et décroissance - Vivre autrement".
Bio : Ancien élève d’Ilya Prigogine, Marc Halévy est polytechnicien, ingénieur nucléaire et docteur en sciences appliquées. Président du Groupe Maran (Accompagnement stratégique et managérial) et de l’Institut Noétique Europe (prospective et économie de la connaissance), il enseigne la « théorie des systèmes complexes » à l’Institut des Hautes Études de Belgique (ULB) et dans d’autres institutions. Marc Halévy est également l’auteur de Le grand virage des managers – L’entreprise réinventée (Editions Namuroises, 2003) et plus récemment de L'Age de la Connaissance - Principes et Réflexions sur la révolution noétique au 21ème siècle
10:40 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Marc Halevy, Vision 2007
Bernard Cova - Vision 2007
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Dans le domaine de la consommation et du marketing, 2006 a pris les couleurs du Customer Made. Le management nous a habitué
à sortir régulièrement de nouveaux mots d’ordre qui excitent et passionnent les responsables d’entreprise l’espace d’une saison. Le ‘tube’ managérial de 2006 a fait du consommateur un producteur et ceci pour le plus grand bien de l’entreprise : les consommateurs aujourd’hui seraient la source la plus intéressante d’idées originales de nouveaux produits et de nouvelles publicités et les managers n’auraient qu’à se pencher pour ramasser ces idées et ceci, de plus, gratuitement. Avec de tels arguments, ce nouveau mot d’ordre a une chance de se faire une place au Panthéon des nouvelles panacées managériales. A y bien regarder, cette approche n’est pas dénuée de fondements et colle bien aux dernières évolutions de la consommation, mais la mettre en œuvre n’est pas si simple pour les entreprises et requiert de bien différencier les possibilités offertes par le Consumer Made qui toutes reposent sur l’idée de co-création mais avec des degrés d’implication du consommateur et des périmètres d’action différenciés. A ce titre, l’épisode Diet Coke-Mentos a marqué l’année 2006 : des centaines de vidéastes amateurs ont inondé Internet avec une expérience inédite, mettre des pastilles de Mentos dans des bouteilles de Diet Coke ce qui provoque instantanément une espèce de geyser pouvant aller jusqu’à 5 mètres de haut. Coca-Cola a réagi vivement aux vidéos présentant différentes versions de cette expérience en en déniant la possibilité, puis a souhaité que ses consommateurs prennent plus de plaisir à boire le Diet Coke qu’à faire ce type d’expériences. Mentos, de son côté, a estimé que cette action virale non programmée équivaudrait à l’impact d’une campagne de publicité de 10 millions de dollars et a capitalisé sur ce phénomène viral en créant le Mentos Geyser Video Contest (http://www.mentosgeysers.com/). Mais, Coca-Cola après avoir expliqué que l’expérience ne correspondait pas à la personnalité de la marque et à la stratégie marketing définie vient de faire volte-face et de signer un accord avec un des meilleurs vidéastes amateurs. Aujourd’hui, les deux entreprises travaillent avec les initiateurs de ces vidéos : ces derniers ont donc imposé leur pouvoir à ces entreprises même si l’une d’entre elles, Coca-Cola, y était très réticente.« Comment voyez vous 2007, quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ? »
Je pense que 2007 continuera à être placé sous le signe du Customer Made et que l’on arrivera à préciser ses dimensions et donc les expertises nécessaires pour chacune d’entre elles. On devra distinguer ce qui relève de la contribution et la coopération, c’est-à-dire la co-création de l’offre au travers de l’implication du consommateur dans la définition des produits et des variables du mix marketing, de ce qui relève de la customization et de l’appropriation, c’est-à-dire la co-création de l’expérience au travers de l’implication du consommateur dans la production de son vécu avec l’offre de l’entreprise. De même on devra distinguer entre la co-création faite avec des lead-users souvent regroupés en petites communautés de passionnés et la co-création faite avec la masse des simples consommateurs. Le croisement de ces deux dimensions permettra d’identifier quatre types de stratégie de co-création censés répondre aux enjeux qui tous impliquent une partie de Consumer Made : co-innovation, co-promotion, co-production et co-détermination des besoins. Dans les approches de co-innovation, l’entreprise implique des lead users ou des communautés de passionnés dans le processus de conception de nouveaux produits ou services. Avec la co-promotion, l’entreprise implique, le plus souvent par des concours, un ensemble large de consommateurs pour qu’ils produisent les visuels ou les films des prochaines campagnes publicitaires. Dans la co-production, il ne s’agit plus là, pour le consommateur, de contribuer de manière générale au design ou à la publicité d’un produit ou d’une marque mais de participer à la réalisation de son expérience de consommation. Pour cela l’entreprise développe des moyens lui permettant de customizer son offre notamment au travers de plates formes de self-serving (plus que de simple self-service). Dans les approches de co-détermination, il s’agit pour l’entreprise de favoriser le développement d’identification croisée des besoins entre l’entreprise et les lead users. L’entreprise exprime ce qu’est sa stratégie et ce que sont ses axes de développement et les consommateurs expriment ce dont ils rêvent ou ce qu’ils aimeraient voir développer.
« Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ? »
J’espère que cela obligera le marketing à une véritable révolution, et j’espère ne pas galvauder ce mot, si souvent utilisé pour des changements insignifiants en marketing. Alors que l’idée de connaissance du consommateur est centrale au marketing, elle n’est souvent comprise par les marketers que dans un sens restreint et manipulateur, selon moi : tout connaître sur le consommateur pour le satisfaire et ainsi le fidéliser. Rarement, l’idée que le consommateur ait des connaissances qui puissent être intéressantes pour l’entreprise est mise en avant. C’est pourtant de cela qu’il s’agit : le marketing, en quittant sa position fondamentaliste, devra prendre en compte l’Autre, le consommateur, non en apprenant sur lui mais en apprenant de lui, de son expertise, de ses expériences… Ma crainte est que l’on tende à vouloir appliquer ces approches à tous les cas (effet de mode) alors que tous les consommateurs ne recherchent pas la participation et même, dans certains cas, la fuient ! On parle ainsi (et déjà !) de “Consumer Fatigue” pour évoquer un ras le bol de certains consommateurs vis-à-vis des sur-sollicitations de co-création.
« Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?»
Après l’ouvrage « Consuming Experiences » qui vient de sortir chez Routledge et qui met en avant le rôle actif du consommateur dans la production de son expérience de consommation et ce dans des domaines très divers (cuisine, sport, musique…), je prépare pour 2007 un ouvrage à paraître chez Butterworth-Heinemann intitulé « Consumer Tribes » qui fera le point sur la tendance croissante des communautés de consommateurs à devenir de vrais acteurs économiques au même titre que les entreprises et donc des concurrents pour ces entreprises. C’est ainsi le cas de la communauté des passionnés regroupés autour de Firefox Mozilla qui est un projet dit d’open source auquel ont contribué plus de 1000 lead users dans la définition de ses codes et qui a vu 10 000 volontaires participer à son marketing (voir le site Spread Firefox). Certains de ces volontaires se sont même cotisés pour acheter une page de publicité pour Firefox dans le New York Times.
Bio : Bernard Cova est Directeur du Laboratoire Savoir Sud et Professeur ESCP-EAP, il enseigne ou a enseigné aussi à l'universite L.Bocconi de Milan, l'EAP Paris... les thèmes de ses écrits et Recherches gravitent notamment autour de l'Ethnosociologie de la consommation, les Comportements collectifs (communautés, tribus) la Régression et la quête d'authenticité, la Pensée méridienne appliquée au management.
Bernard Cova est l'auteur du livre "Innover en Marketing, 15 tendances en mouvement"
10:30 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Cova, Vision 2007, marketing
François Laurent - Vision 2007
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"De quelle couleur fut votre 2006 dans votre domaine de compétences ?"
"Mon problème, pour vous répondre avec justesse, c’est que je suis… daltonien ! Je m’en suis même ouvert sur mon blog, et ça m’a permis de me faire des tas de copains de galère : normal, 10% des hommes sont daltoniens. Pas vous ? Etrange…
Sinon, je dirais que l’année a été plutôt chamarrée… pour ne pas dire bousculée ! Mais peut-être l’expérience qui m’a le plus marqué, c’est la découverte d’un groupe américain : Clap Your Hands Say Yeah.
Un peu comme leurs lointains cousins des Artic Monkeys, ils se sont hissé au sommet des hit parades simplement parce que les internautes ont aimé leur musique et l’on promu de blog en blog.
Et en plus, leur musique possède une fraîcheur qui manque aux britanniques !
Clap Your Hands Say Yeah, ou les Artic Monkeys, c’est l’émergence d’un No Marketing que les businessmen américains prennent très au sérieux – enfin certains ! C’est surtout l’idée que non seulement les citoyens ont repris le pouvoir et que certains marketers se découvrent soudain débordés et impuissants.
La musique, mon domaine de compétence ? Bien sûr : des centaines de disques à la maison, vinyles et CD, des premiers Soft Machine au premier opus des Raconteurs. Pour moi, vivre le marketing, ce n’est pas simplement réfléchir sur des séries de chiffres, c’est aussi se comporter comme un simple citoyen… comme un autre."
"Comment voyez-vous 2007, quelle évolutions majeures sont à attendre dans votre domaine ?"
2007 sera en France une année politique majeure… alors on verra fleurir du buzz politique, du commentaire politique sur le Web, et les cartes de la blogosphères seront politiques. Pendant ce temps, des gens comme vous et moi prendront des initiatives, que bien évidemment les commentateurs avisés – marketers, businessmen et autres journalistes – ne verront pas vraiment, faute de regarder dans la bonne direction. Ce que seront ces initiatives ? Je n’en sais rien, mais ça va fourmiller de partout… comme en 2006, d’ailleurs. Le commerce va se réveiller avec des milliers de français moyens en train de vendre et acheter – dans cet ordre là précisément – sur eBay ou ailleurs ; et les majors avec des artistes qui renonceront à enregistrer des CD pour se consacrer uniquement à la scène…
Ça, encore, on s’y attend, les signaux faibles ont été repérés ; pour les reste, il conviendra de scruter l’horizon avec la plus grande prudence : nous voici à l’aube d’une – de plusieurs – année formidable."
"Quelles sont vos espoirs et vos craintes pour l’année qui vient ?"
"Mes espoirs, c’est qu’émergent une multitude de projets les plus incroyables… et que cela fonctionne.
Mes craintes, c’est que les papys fassent de la résistance ; que plutôt de s’adapter à un monde en mutation, les businessmen se contentent d’un lobbying de bas étage pour entraver les citoyens.
Et comme 2007 est une année électorale majeure en France, on peut espérer le meilleur comme craindre le pire… mais heureusement, le reste de la planète ne se sent que très peu concerné par la scène politique française."
"Avez-vous des projets ou des perspectives particulières dans votre domaine dont vous souhaiteriez nous dire quelques mots ?"
"J’ai une multitude de projets… je ne souhaite pas passer à côté des mutations en cours.
Mais il y en a un qui me tient particulièrement à cœur : il s’agit de WeAreTheMarket, un site de consommateurs citoyens que j’ai créé avec deux copains. Pas un grand truc, non : juste un petit site où les gens peuvent venir discuter des produits qu’ils souhaiteraient voir apparaître dans les linéaires… et où les marques pourront les rejoindre, venir discuter avec eux.
En fait, on souhaite simplement recréer la place du village d’hier où l’on apostrophait le cordonnier pour lui dire que le cuir de ses chaussures n’était pas de bonne qualité, et le pâtissier pour lui demander un gâteau avec plus de fruits pour les fêtes à venir.
Ce gâteau, on le retrouvait ensuite avec plaisir dans la devanture de l’artisan : ce que je souhaiterais, c’est que demain, les consommateurs retrouvent – mutatis mutandis – les produits de leurs souhaits dans les rayons des grandes surfaces avec un petit sigle pour souligné qu’ils ont participé à leur élaboration."
Bio : François Laurent est Vice Président de l'ADETEM, Membre du Conseil Scientifique de l'Irep, président de la commission études de l'UDA. et l'auteur notamment de "La grande mutation des marques high tech"
09:20 Ecrit par La bibliothèque NextModerne dans Vision 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : François Laurent, Vision 2007, marketing







